Le système d’opération de l’OLPC sur une clé USB
vendredi 18 décembre 2009
Le projet One Laptop Per Child
One Laptop Per Child (
OLPC), le projet de
Nicholas Negroponte, veut offrir un ordinateur à tous les enfants des pays émergents. Ce projet avait suscité beaucoup d’intérêt lors de son lancement. Tout le monde voulaient en posséder un. Nous en avons eu deux entre les mains. Après quelques essais, nous nous en sommes désintéressés, en grande partie parce qu’il n’y en avait pas en vente sur le marché régulier et que les essais en milieu scolaire au Québec n’avaient pas soulevé l’enthousiasme. Si l’ordinateur qui servait de base à ce projet a subi bien des mutations et des changements de nom, il n’est pas disparu. On le nomme désormais le XO.

Ce qu’on oublie c’est qu’au delà de l’ordinateur physique XO (un petit miniportable (netbook) avant l’heure) il y a un système d’exploitation tout nouveau et original. Certes le système s’appuie sur Linux mais l’environnement graphique du bureau (desktop) est complètement nouveau et, conçu spécifiquement, affirment ses concepteurs, pour l’apprentissage. On n’a pas voulu en faire un ordinateur mais un environnement d’apprentissage. Cet environnement se nomme Sugar. Le projet Sugar s’est un peu distancé du projet OLPC pour mettre l’accent sur ces caractéristiques pédagogiques. On croit pouvoir le populariser dans les pays développés autant que dans les pays émergents.
Sugar, c’est quoi au juste !
D’entrée de jeu, disons que le Sugar Labs
s’inspire des travaux de
Seymourt Papert et du
constructivisme. Le système Sugar ne suit pas nécessairement les paradigmes auxquels nous ont habitués les ordinateurs que nous utilisons.
La première fois qu’on utilise un ordinateur tournant sous Sugar, on est vraiment dépaysé. On se demande comment faire pour accomplir les tâches habituelles. Rassurez-vous, on finit par s’y faire. Vos réflexes ne vous seront pas d’un grand secours.
Qu’est-ce qui rend Sugar si différent ? Nous n’irons pas dans les détails, vous pourrez vous référer au site du Sugar Labs pour un résumé3 (en anglais) des propriétés et des fonctions de l’environnement. Le communiqué de presse4 (en français) lors du lancement de la version 2 de Sugar vous donnera aussi un bon aperçu de ses possibilités. Enfin cette vidéo5 de 5 minutes (en anglais) vous initiera à l’interface et au fonctionnement de Sugar.
Collaboration et échange
Sugar est conçu au départ pour faciliter l’échange et la collaboration. Nous n’avons pas été capable de tester cette assertion, n’ayant qu’une machine à la fois sous Sugar. Mais il semble qu’avec un environnement adéquat, tous les élèves dans une pièce (ou à portée du sans-fil) peuvent échanger et surtout collaborer aux mêmes activités à partir de leur propre ordinateur sous Sugar. Si vous avez essayé cette fonctionnalité, nous aimerions que vous veniez nous en faire part. Nous savons que cela se fait avec l’OLPC mais qu’en est-il sur un PC équipé de Sugar ou de Sugar on a stick ?
Des activités, pas des logiciels
Dans Sugar, on ne parle jamais de logiciels ou de programmes. On ne parle que d’activités. Un logiciel n’est que le support d’une activité. Dans le journal dont nous parlerons plus loin, on ne fait référence qu’à des activités.
Pas de fichiers, ni de dossiers
Ici encore on se démarque du système d’opération traditionnel. La notion de fichiers et de dossiers pour les classer n’existe pas dans Sugar. Tout est systématiquement sauvegardé sans qu’on le demande même le téléchargement d’un document à partir du Web. Pour le retrouver, une seule façon, le Journal qui consigne tout.
Le Journal, l’indispensable outil
En accédant au Journal, on trouve toutes les activités qu’on a fait précédemment. On peut y revenir tout comme on le ferait en ouvrant le fichier d’une application dans un environnement traditionnel. Mais comme on peut annoter (et même attribuer une étoile) chacune des activités on dispose ainsi d’un portfolio instantané.
Un logiciel libre et multiplateforme
Sugar est sous licence GPL donc parfaitement libre (et gratuit). En l’utilisant sur des ordinateurs qu’on possède déjà à l’école, cela n’entraine que des frais pour la formation.
L’équipe du Sugar Labs espère en faire un environnement multiplateforme. Force est de constater que ce n’est pas encore le cas. Par contre, on peut l’adapter à la plupart des distributions Linux. Une version en CD-ROM amorçable (LiveCD) est aussi offerte. On peut donc voir de quoi il retourne sans y consacrer entièrement un ordinateur.
Clé amorçable - Sugar on a stick
Enfin, et c’est l’objet de cet article, on le propose sur une clé USB amorçable sous le nom de Sugar on a stick. La version 1 avait pour surnom, Strawberry et la version 2, celle que nous avons testée, porte le nom de Blueberry. Les concepteurs de Sugar espèrent que de telles clés seront distribuées aux écoliers qui pourront ainsi expérimenter une autre façon d’utiliser l’ordinateur. Blueberry fut annoncé et lancé le 8 décembre 2009 à Paris lors du Netbook World Summit.
Pourquoi essayer Sugar ?
Expérimenter l’OLPC - sans OLPC
Quel est l’intérêt de cette clé et des autres façons d’utiliser Sugar ? Déjà de sortir des sentiers battus est stimulant. Cette nouvelle approche de l’environnement de travail de l’ordinateur s’inspire fortement du constructionnisme et de Seymourt Papert. Auparavant, il fallait réussir à mettre la main sur un OLPC pour vérifier la pertinence de ce nouvel environnement d’apprentissage.
Vérifier la pertinence pédagogique de Sugar
Avec cette petite clé, il sera très facile de vérifier directement avec des enfants la pertinence pédagogique de l’approche Sugar. La dépense se résume au prix d’une clé de plus d’un Go, Sugar, lui-même étant sous licence libre. On dit que le libre c’est la possibilité d’avance et d’innover, la mise à disposition gratuite et libre de Sugar en est la preuve.
Un OS pour miniportable ?
L’OLPC fut le précurseur des miniportables qui envahissent le marché actuellement. Ces ordinateurs sont moins chers qu’un ordinateur portable traditionnel et moins encombrants. En un certain sens, l’OLPC est désormais à la portée de tous. Voilà pourquoi nous l’avons d’abord essayé sur un miniportable de 10 po. d’écran.
Le fait que la version 2 de Sugar fut lancée au Netbook World Summit montre que l’équipe de Sugar est consciente de l’opportunité que représente la vogue des miniportables.
Réflexions suite à notre essai de Sugar
Quelques mots sur notre essai. L’installation de l’ensemble Fedora-Sugar sur une clé USB se fait facilement à l’aide d’un petit logiciel Windows proposé par Fedora. Les instructions pour la création de la clé amorçable à partir de Linux sont plus complexes car le petit logiciel de Fedora ne semble pas disponible pour les autres distributions. Une fois la clé prête, il suffit d’indiquer à l’ordinateur de démarrer à partir de la clé. Au départ, notre clé affiche des messages d’erreurs mais finit par démarrer sous Sugar.
Nous n’avons pas fait de recherche sur la façon de démarrer directement en français. La version proposée n’offre que l’anglais et l’espagnol. Sugar demande de s’identifier au premier démarrage et n’accepte donc pas les accents.
Nous avons finalement été capable de passer en français, du moins pour une partie de l’interface et pour certains logiciels (appelés activités dans Sugar). La canadianisation du clavier est un peu tordue, il faut choisir français dans une liste où le mot canadien n’apparaît pas. Heureusement à l’étape suivante on nous propose des variantes du clavier français dont le canadien. Nous espérons trouver une version complétement francisée.
Sugar n’est pas très réactif sur notre miniportable (N270 et 1 Go). On doit s’habituer à attendre le démarrage de l’activité choisie. L’icône de l’activité s’affiche au centre de l’écran pour vous faire patienter.. Est-ce notre clé qui était lente ou le langage python utilisé pour la programmation de Sugar ?
Plus agaçant c’est l’arrêt inopiné (plantage) de certains programmes, TamTam, en particulier. Il est vrai que nous avions choisi la toute dernière version, Blueberry. Un manque de maturité ?
Au début, c’est le dépaysement total. Sugar ne fonctionne vraiment pas comme les autres environnements. Nous avons dû faire comme les enfants et essayer, et essayer encore pour finir par assimiler les rudiments de cette nouvelle interface. Après un bout de temps (une bonne heure), on s’y retrouve mieux. Les auteurs de Sugar disent qu’il n’est pas « teacher oriented », ni « child oriented » mais « activity oriented ». Les logiciels y deviennent des activités et c’est le journal de bord qui garde la trace de ce qu’on a fait sur l’ordinateur. Le journal remplace les notions de fichiers et de dossiers. En résumant et en classant par ordre chronologique nos activités, il devient un mini-portfolio.
Si certaines activités sont assez traditionnelles, plusieurs autres sont nouvelles et captivantes. Je pense à TamTam, à Physique, à Scratch et à une activité qui permet d’apprendre le langage Python. On y trouve un
Logo modernisé où on construit ses routines de façon visuelle.
En terminant
Malheureusement nous n’avons pas expérimenté la grande nouveauté de cet environnement, sa facilité de communication avec ses pairs pour faire du travail en groupe. Nous espérons le faire sous peu et revenir vous en faire part. En effet, Sugar permet de relier plusieurs Sugar entre eux et permet aux enfants de se constituer des groupes autour de certaines activités. Si vous avez la chance de l’expérimenter avant nous, contactez-nous et vous compléterez cet article.
Hyperliens pour utiliser Sugar
CD-ROM amorçable (LiveCD)
Un lien plus récent pour télécharger un
CD-ROM amorçable. L’image la plus récente serait de 2009.
Version « On a stick »
Cette
page Web vous donne toutes les informations nécessaires pour installer Sugar sur une clé USB.
Documentation
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